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Keynotes • 18h30-19h30

·Usage des savoirs situés dans la recherche
·Transidentité: inégalités de la représentation et de la médiatisation

Karine Espineira ·  Université de Nice et Observatoire des Transidentités

 

Cornelius Castoriadis écrit dans L’institution imaginaire de la société (1975) : « Ce n’est jamais le logos que vous écoutez, c’est toujours quelqu’un, tel qu’il est, de là où il est, qui parle à ses risques et périls, mais aussi aux vôtres ». Ce propos, tel un préambule à la communication proposée souligne la responsabilité de la recherche et du chercheur-e. L’étude de la construction médiatique des transidentités a engagé à chaque ligne la responsabilité de nos écrits puisque nous ne nous plaçons pas comme témoin modeste invisible à lui-même dans la pratique, le discours et les résultats obtenus.

Les social studies of sciences montrent que « les pratiques, les résultats et les discours scientifiques ne peuvent être dissociés de leur contexte politique, culturel, social, portant des atteintes irrémédiables aux prétentions des scientifiques à l’objectivité et à l’énonciation de vérités universelles. Études de cas et de controverses révèlent que la pratique scientifique consiste non en la “découverte”, mais en la “construction” par le langage et les représentations, de ce qui est appelé “les faits”, “la nature”. Les résultats scientifiques ne sont pas l’exposé des faits ni la description fidèle de la nature, mais les produits de conditions historiques données » (Irène Jami, 2008).

Nous montrerons comment nous avons suivi le modèle épistémologique proposé par Donna Haraway avec les « savoirs situés » pour décrire notre propre « relation entre sujet et objet de connaissance » en vue d’une recherche responsable, et portant la critique sur « l’homme de science » comme « témoin modeste » en tant que produit d’une construction historique déterminée. Nous donnerons dans un deuxième temps les tendances mises en lumière par cette recherche marquée par les apports des études de genre,  les études culturelles et les épistémologies féministes, et qui trouve encore à se développer avec les apports des approches intersectionnelles.

Nous nous trouvons bien face à un modèle culturel et médiatique des transidentités de type hégémonique et d’autant plus valorisé qu’il contient « aux frontières » un modèle plus subversif et source de « paniques de genre ». Étudier les représentations médiatiques c’est aussi « penser le genre » comme l’un des effets de pouvoir et de domination qui structurent les relations entre individus et sociétés.

 

• Modération : Londé Ngosso · Genres Pluriels

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