Ce sont en ce moment les élections du Conseil de la Jeunesse ! Des élections décisives, puisque sur 63 candidats, seuls 36 seront élus. Tu as entre tes mains le pouvoir de décider QUI et ce, jusqu’au 26 octobre. Le temps presse !

Notre Président, Jonas Van Acker, se présente comme candidat afin de rejoindre l’Assemblée générale et d’y représenter les CHEFF. Sa candidature est parrainée par la FEF, la Fédération des Etudiants Francophones. Nous l’avons interviewé afin de mieux cerner ses motivations et comprendre ce qui l’anime dans son engagement politique (au sens large du terme).

 

Photo Jonas

 

Comment perçois-tu le Conseil de la Jeunesse ?

Je le vois comme un organisme ayant un certain pouvoir : le Conseil de la Jeunesse, c’est un accès direct aux Ministres, c’est un pont entre les jeunes et le monde politique. Au sein des CHEFF, on collabore avec beaucoup d’institutions, d’associations, mais on a finalement peu l’occasion de faire du lobbying direct. Nos actions touchent le politique de manière indirecte. A ce titre-là, je pense que l’action du Conseil de la Jeunesse peut être complémentaire de celle des CHEFF. Et puis le CJ est aussi un bon baromètre du regard des jeunes en général sur les thématiques LGBTQI. Si je suis élu, j’aurai l’occasion de me confronter à l’opinion d’autres individus, d’autres organisations de jeunesse qui ne travaillent pas sur ce thème. Pour conclure, je crois en l’importance du CJ et en son pouvoir. J’ai aussi le sentiment que ces élections-ci seront l’occasion d’un virage, d’un renouveau, pour une meilleure représentativité des jeunes dans toute leur diversité.

Quelles sont tes motivations à rejoindre le Conseil de la Jeunesse ?

Le Conseil d’Administration des CHEFF avait pour priorité d’amener les questions de diversité au centre des débats du Conseil de la Jeunesse. Lorsqu’il a été question de se présenter aux élections, je me suis porté volontaire car j’ai toujours aimé le débat, la confrontation des idées. Je pense que le CJ est un terrain fertile pour cultiver le débat. Si je suis élu, j’aurai deux ans de mandat au sein de l’Assemblée générale, avec une réunion un samedi par mois. Durant ces deux ans, j’aurai aussi l’opportunité de rejoindre des commissions spécifiques ou même d’en proposer de nouvelles. Plusieurs thèmes m’intéressent : les discriminations en général, ou plus précisémment la prévention aux IST (Infections Sexuellement Transmissibles), l’homophobie et la transphobie, le don de sang pour les HSH (Hommes ayant des relations Sexuelles avec d’autres Hommes), l’intersectionnalité, l’engagement des jeunes,…

En parlant d’engagement des jeunes, selon toi, qu’est-ce qui peut pousser un.e jeune à s’engager ?

Je pense qu’il faut se sentir concerné.e par une thématique, mais pas seulement. Si je prends mon cas, je me suis investi au CHE (pôle bruxellois des CHEFF) puis aux CHEFF parce que je voulais aider des jeunes à faire leur coming out, après l’avoir fait moi-même. Le contexte politique international a aussi favorisé mon engagement : en 2012, j’ai été très marqué par les débats en France autour du mariage pour tous, de même que par l’interdiction en Russie de mener toute forme de “propagande” homosexuelle dans l’espace public. Ce climat en Russie légitimait des gangs à sortir dans la rue et à violenter toute personne perçue comme typée homosexuelle. Je me suis rendu compte qu’il y avait encore du chemin à faire et je me suis investi au sein des CHEFF. Bref, on se mobilise quand on a des sujets qui nous tiennent à coeur, mais encore faut-il aller un pas plus loin et se renseigner sur ce qu’il est possible de faire. Il n’y a pas de chemin tout tracé où l’on te dit “si tu veux changer ça, fais ci et ça”. Parfois, une rencontre peut faire la différence : dans mon cas, plusieurs jeunes personnes m’ont influencé positivement, ont constitué pour moi des figures d’exemples. On est dans l’inaction quand on croit que les choses sont inaccessibles, mais en fait pas tant que ça… Il faut se lancer, ne pas avoir peur de faire des erreurs, car tout engagement est en soi formateur.

Si tu es élu au Conseil de la Jeunesse, quel serait ton premier objectif à court terme au niveau politique, sur quel dossier aimerais-tu peser ?

En ce moment, je suis très touché par la discrimination envers les personnes trans. Je veux peser sur la loi belge qui est discriminante et pathologisante. Si je pouvais permettre de faciliter la procédure pour changer son identité, j’en serais ravi. L’autre thème qui me préoccupe est la prévention chez les jeunes : je veux rappeler qu’en ne se protégeant pas, il n’y a pas que le VIH et le sida qui nous menacent, il y a toute une série d’autres saloperies ! Avant, je pensais qu’une prévention efficace était une prévention culpabilisante, mais cette dernière a montré ses limites. Lorsque j’ai voyagé au Canada, je suis tombé sur une brochure répertoriant toutes les pratiques sexuelles “safe”, qui ne nécessitent pas forcément beaucoup de protection. Cela remet le plaisir au centre, c’est positif. En Belgique, nous devons sortir des tabous et oser parler de sexe, ce n’est que comme ça que le message aura un réel impact.

Pour rappel, le Conseil de la Jeunesse, c’est l’organe officiel d’avis et porte-parole des jeunes francophones de Belgique. Son rôle est de faire participer les jeunes (16-30 ans) au processus démocratique, notamment en récoltant leur parole sur une série de thématiques qui touchent directement ou indirectement la jeunesse pour ensuite la relayer auprès du monde politique. Le Conseil de la Jeunesse défend l’intérêt des jeunes et les représente aux niveaux national et international.